Peut-être Nadia, création 2020

Peut-être Nadia est une hypothèse autobiographique. Celle de la gymnaste Nadia Comaneci, première athlète à avoir obtenu la note de dix aux barres asymétriques aux Jeux olympiques de Montréal en 1976. Comaneci ne peut-elle pas forcément tout rater après avoir réussi à incarner la perfection ? Comment continuer à vivre normalement quand, au commencement de sa vie, on en devient le symbole ? Avec la double contrainte écrasante de la dictature et du sport de haut niveau, elle connait, après ses premiers Jeux Olympiques, des troubles alimentaires, ce qui pourrait être une tentative de suicide, une vie amoureuse épiée voire contrainte, la fréquentation toxique de la famille Ceausescu, la fuite, le déracinement. Son chaos intime est encore amplifié par le chaos de l’Histoire qui fait traverser à cette petite fille, puis à cette jeune femme, le bloc de l’Est, la chute du mur de Berlin, une révolution, l’exil, la disparition de l’URSS, la mutation du communisme, le triomphe du libéralisme. Plus qu’un biopic, ce récit fantasmé abroge le réel et le temps. Cinq protagonistes au plateau sont traversés par les figures intimes et historiques de la vie de Comaneci et composent un oratorio de la mémoire, successivement narratif et dramatique, alternant scènes et récitatifs. Le postulat poétique du projet est d’imaginer que cette peut-être Nadia est précisément à l’origine de tous les dérèglements de la fin du vingtième siècle dont les soubresauts agitent encore le suivant. En abolissant la pesanteur, en contredisant les lois élémentaires de la physique, en proposant un mouvement aux barres asymétriques qui l’affranchit de sa condition humaine, elle bouleverse l’apesanteur et l’équilibre politique du monde. Nadia ne tombe pas et le mur de Berlin va s‘écrouler. C’est bien plus que du sport. Le corps de Nadia est politique, il raconte la fin d'un siècle où l'on a cru que le corps des femmes se libérerait, où l'on n'aurait jamais cru que le bloc de l'Est puisse se libérer, où l'on n'a pas voulu voir à quel point le libéralisme s'était libéré.

D'après une idée originale d'Anne-Sophie Mercier

Conception : Anne-Sophie Mercier et Pascal Reverte
Écriture et mise en scène : Pascal Reverte
Avec : Olivier Broche, Aude Léger, Nicolas Martel, Elizabeth Mazev et Vincent Reverte
Scénographie, costumes et accessoires : Jane Joyet
Création lumières : Léandre Garcia Lamolla
Création musicale et sonore : Antoine Sahler
Création vidéo : Julien Appert
Son : Laurent Le Gall
Collaboration artistique : Alexandra David

Production : Le tour du Cadran
Coproductions : Ki m’aime me suive ; Théâtre du Beauvaisis / Scène nationale de l’Oise ; La Manekine / Scène intermédiaire des Hauts-de-France ; Le Palace / Montataire ; Espace Bernard-Marie Koltès – Théâtre du Saulcy  / Scène conventionnée de Metz
Avec le soutien de La Faïencerie, scène conventionnée de Creil

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